vendredi 3 décembre 2010

CONNAÎT-SENS : La grande Guignolée


Pendant les premières semaines du mois de décembre, des hommes et des femmes, membres pour la plupart de la Société Saint-Vincent-de-Paul, vont de porte en porte, dans les maisons et les appartements, recueillir des dons pour les plus défavorisés de leur quartier. Voilà ! c'est ça La guignolée !

Lors des visites, les " quêteux " entament une chanson, surtout son refrain, souvent repris par les résidants: " La ignolée, la ignoloche ", mots du vieux français dont la signification s'est perdue mais qui sont à l'origine du nom de cette activité si importante La guignolée.

Cette activité remonterait à la fête celte de fin d'année (décembre), au cours de laquelle les druides coupaient le gui (plante sacrée) et le donnaient aux malades, aux pauvres et aux soldats (!) pour leur apporter réconfort en lançant le cri : Au gui l'an neuf qui semble être à l'origine de l'expression Ignolée ou Guignolée.

Au Canada et au Québec, les premières guignolées ont, vraisemblablement, été organisées par la Saint-Vincent-de-Paul. Dès 1861-62, des jeunes vincentiens faisaient La guignolée dans des paroisses québécoises. Au tournant du siècle (1903), des voyageurs de commerce font équipe avec la Saint-Vincent-de-Paul, pour sillonner les rues de Québec à la veille de Noël, à la brunante; déjà, dans les années 1930, on faisait La guignolée vers le 10 décembre.

Chanson de la guignolée

Bonjour le maître et la maîtresse
Et tout le mond' de la maison

Pour le dernier jour de l'année
La Ignolé' vous nous devez

Si vous voulez rien nous donner
Dites-nous lé-e:

On emmènera seulement la fille aînée.
On lui fera fair' bonne chère,

On lui fera chauffer les pieds.
On vous demande seulement

Une chignée
De vingt à trente pieds de long Si vous voulez-e.

La Ignolé', la Ignoloche,
Mettez du lard dedans ma poche

Quand nous fûm's au milieu du bois
Nous fûm's à l'ombre;

L'entendais chanter le coucou
Et la colombe.

Rossignolet du vert bocage,
Rossignolet du bois joli.

Eh! va-t-en dire à ma maîtresse
Que je meurs pour ses beaux yeux.

Toute fill' qui n'a pas d'amant,
Comment vit-elle?

Ell' vit toujours en soupirant,
Et toujours veille.

Demain ma grande frustration : la grande Rigolée

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