mardi 3 novembre 2009

PETIT BONHEUR : La roche pleureuse



















Lorsqu’on traverse à L’Isle-aux-Coudres qui n’a pas pris le temps de s’arrêter pour aller voir la roche pleureuse au moins une fois.

Pourquoi une roche pleureuse ? D’où est sa provenance ?

La légende de la Roche pleureuse raconte que le printemps de 1806 avait été l'un des plus doux dont mémoire d'homme se souvînt. La glace ayant fondu plus vite qu'à l'accoutumée, la grande débâcle avait libéré le Saint-Laurent et permis la circulation des grands bateaux

Charles Desgagnés, un jeune navigateur allait se marier avec la belle Louise, mais il devait auparavant faire un voyage en Europe.

Ne t'en fais pas, ma Louise, murmura tendrement le jeune homme, je serai de retour pour l'automne et, avant que ne finisse l'été indien, nous serons mariés.

Sur ces paroles, une affreuse corneille crailla et s'envola d'une des branches de l'orme où elle était perchée. Quel mauvais présage ! Une corneille ! Cet oiseau maudit, compagnon du diable et ami des sorcières ! Louise pâlit. Charles tâcha de ne pas laisser percer son malaise. Mais une corneille qui croasse n'augure rien de bon !

Le jeune homme, pour conjurer le mauvais sort, prit la main de Louise et y mit un petit bouquet de fleurs sauvages qu'il avait fait pour elle. Louise était contente ! Elle détacha le ruban rouge qui liait ses cheveux, l'enroula autour du bouquet qu'elle pendit à une branche du grand orme, au-dessus de la roche où elle était assise.

Sous ce bouquet, sous cet arbre, sur cette pierre, jura la belle Louise, je viendrai sans faillir guetter ton retour ! Ils s'embrassèrent alors sans entendre le claquement des ailes de la corneille, étouffé par le bruit des vagues qui s'échouaient sur la grève.

Tout l'été, Louise était allée s'asseoir sur sa roche, auprès de l'orme, sous le bouquet, à la pointe de l'île. Mais à présent que la date du retour approchait, elle y passait de longues heures, le regard comme vaguement suspendu aux ondes qui froissaient l'horizon. Le soir, à la brunante, elle rentrait à pas lents chez son père qui, pour l'aider à patienter, lui disait qu'il n'était pas rare que la mer sans vent retardât un peu le retour des grands voiliers, et il lui murmurait doucement ces consolations que savent les coeurs qui ont connu de grands chagrins.

Septembre arriva et Louise alla bientôt s'asseoir sur une pierre au bord du fleuve, sur la pointe de l'île, attendant patiemment son futur mari. Aucun trois mâts ne se présenta cependant à sa vue. Elle continua, de jours en jours, à attendre sur cette pierre, mais rien ne vint.

Quand les temps plus chauds revinrent, elle reprit place sur sa pierre, pleurant et se lamentant. Son chagrin grandissait de jours en jours. Si bien qu'à la fin mai, son père ne la revit plus. Ils ont été plusieurs à la chercher, ils ont cherché partout sur l'île. Après plusieurs jours de recherche, son père constata une pierre inhabituelle, qu'il n'avait jamais vu sur la pointe de l'île. C'était une pierre qui suintait, laissant couler dans un bassin des gouttes, des larmes sans fin. Cette pierre pleurait. Louise pleurera pour toujours son mari disparu.

Une autre version de la fin va comme suit :

Un beau soir de mai, un messager vint enfin apprendre à la vieille mère de Charles que son fils avait péri en mer. Louise, qui se trouvait alors auprès de la vieille femme, poussa un cri et sortit de la maison en courant.

Depuis lors, nul ne la revit plus. Son père se rendit à la pointe de l'île, où elle avait coutume de s'attarder. Anxieux, il suivit le faux-fuyant qui conduisait à la grosse roche tout à côté de l'orme. Il s'y assit. De sa voix forte il appelait sa fille :
Louise, Louise, où es-tu ? Louise, réponds à ton père !
Le silence, qui explique bien des choses, le silence expliquait au père de Louise qu'il ne reverrait jamais plus sa fille. Une fée en effet, touchée par le chagrin de la pauvre fille, l'avait changée en source, pour qu'à travers les flots, elle puisse, dans l'océan, retrouver et s'unir à son amant perdu en mer.

L'homme regarda le filet d'eau claire, cette petite source qu'il n'avait jamais remarquée auparavant, surgir de la roche et se déverser en mer. Au-dessus de la roche, pendu à un ruban rouge, un frais bouquet de fleurs sauvages, bercé par la brise, lançait dans l'air mille parfums exotiques. Sur une branche de l'orme chantait maintenant un bel oiseau blanc.

Version 2009 :

Charles prit une croisière pour l’Europe y rencontra une « pitoune » à bord, s’envoya en l’air et mourut du SIDA. Pendant ce temps Louise tomba follement amoureuse d’un jeune garçon beau et riche, ils se marièrent et eurent un enfant puis vint le divorce et sur sa pension alimentaire la belle Louise pleura…..de joie., quel cœur de pierre.

Vive les vieilles légendes !

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